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résidence & exposition
Mairie de Villeneuve-Sur-Lot

Pour sa « carte blanche » d’un mois, Stéphanie Lacombe s’est immergée dans le coeur de la Bastide de Villeneuve-sur-Lot, ville de 22 500 habitants. Son regard s’est porté sur l’important nombre de magasins fermés en plein centre ville. Les rues sont désertées, victimes de l’exode urbain, comme l’ensemble de nos petites et moyennes ville de France. Pour donner à voir ce phénomène,  elle invite les habitants à se mettre en scène tels des mannequins de vitrine dans  les magasins à vendre ou à louer. Elle confronte le vivant à l’abandon, l’habitant au vide et met les villes face à leurs responsabilités politiques et économiques.

Le Monde / L’exode urbain en vitrine

Pour l’utilisation des images : lacombe.stephanie@gmail.com

Le Panache, ancienne brocante, allée de Valmy
La propriétaire, aujourd’hui retraitée, habite l’arrière boutique. Elle vient parfois s’assoir sur son fauteuil et regarde les passants.

Café L’Aberdeen, fermé il y a 8 ans, rue de Penne
Le propriétaire de l’immeuble a ouvert son bar en 1995. Il a choisi le nom d’Aberdeen pour être le premier dans l’annuaire. Mais c’était sans compter la lettre « L’ ». Il s’est donc retrouvé au milieu de l’alphabet avec les autres cafés.
Yohan est mannequin amateur et Alto professionnel dans des ensembles de musiques anciennes. Enfant, il venait déjeuner à l’Aberdeen quand ses parents, pépiniéristes, venaient vendre sur le marché.

Ancien cabinet d’infirmières, rue Lakanal
Ali, Marguerite, Odile, Antonio, Gérard et Alain sont randonneurs. Ils peuvent parcourir jusqu’à 22 km par jour quand tout va bien. Sinon c’est la biscouette, c’est-à-dire le détour imprévu quand le guide s’est trompé.

Ancien restaurant, rue du Puits Couleau
Nahim est professeur de Hip Hop, il vit à Mérignac à 150 kimomètres de Villeneuve-sur-Lot. Il a dansé pour Kamel Ouali sur le Roi Soleil. Pour la photo, il a choisi de casser les clichés machistes. Il aime sortir du lot.

Ancien restaurant le Parmentier, fermé en 2008, rue de la convention
Au moyen-âge, ce bâtiment était une viguerie c’est à dire un tribunal des affaires courantes. La façade est aujourd’hui classée. René, Suzette, Philippe et Pépin font partie de la bande Les joyeux Lurons, 12 copains vététistes. Ils parcourent en moyenne 35 à 40 kilomètres par sortie.

Ancienne bijouterie, rue de Penne
Lysa et Maïlys, 9 ans, regardaient les versions poupées Barbies du Lac des Cygnes et Casse-Noisette. Elles sont diabétiques et portent un appareil : « On peut être malade et danseuse en même temps ! ».
Morgane 23 ans : « J’ai commencé la danse classique à l’âge de 4 ou 5 ans. La danse est mon exutoire, elle maintient mon corps en forme. »

Restaurant Le Parmentier, fermé depuis 2008, rue Parmentier
Éric est régisseur au Théatre Georges-Leygues. À l’âge de 5 ans il commence la moto à trois roues. Aujourd’hui il fait partie du club de moto du Pays de Serres « les Spartiates » avec sa Kawasaki Z750.

Ancienne boutique de chaussures, rue Parmentier
Noémie, Valérie et leur chef Daniel font partie de la quinzaine d’agents de proximité de la Police Municipale assurant la sécurité sur la voie publique dans l’enceinte de la Bastide.

Ancienne rôtisserie, à vendre depuis 2014, rue des Girondins
Elsa, Marie Christine, Geneviève, Mathilde (assise), Marie Paule, Doris, Carla, Isabelle, Clara, Marie Claude et Peggy.
Depuis 8 ans, Elsa enseigne le flamenco auprès d’une vingtaine d’amateurs à Villeneuve-sur-Lot. Elle sillonne les villes comme Marmande, Agen et Lectoure dans le Gers, pour atteindre un nombre suffisant d’élèves et vivre de son métier. Elsa : « On a été invitées à danser sur une patinoire installée au milieu de la halle du marché. S’avancer sur la glace en chaussures est très glissant, des tapis avaient donc été installés. Le « zapateado », c’est-à-dire la percussion du pied sur le sol, en fut totalement absorbé, et le charme de la danse s’est évanoui comme la glace ».

Ancien coiffeur visagiste, rue du collège
Kolyani : « Mon père m’emmenait dans des cabarets voir Shéhérazade des Mille et une nuit. Aujourd’hui je pratique la Danse orientale et thérapeutique. J’interviens dans les prisons et les hôpitaux. Nous pouvons danser sur une jambe ou dans le noir grâce à notre propre lumière. »

Poissonnerie Gourc, fermée depuis 2006, rue Lakanal
Monsieur Gourc, propriétaire : « La rue était très passante jusqu’à ce qu’elle devienne semi-piétonne, ensuite, le sens de circulation a changé puis le stationnement a été supprimé. J’ai perdu ma clientèle. Comme disent nos amis américains : no parking, no business ! »
La Fanfare « Les Jeunes villeneuvois » fut créée en 1910 et compte aujourd’hui 80 adhérents. Jean-luc, Michel et Myriam ont travaillé tous les trois pour le centre de détention de Eysse. Quant à Xavier, il est poissonnier chez Auchan.

Ancienne boutique de lingerie, rue des frères Clavets
Marie est employée au centre culturel. Son plus beau souvenir : une meute de chiens s’élançant derrière un sanglier, à flanc de colline au coucher du soleil. C’est l’amour pour ses chiens qui l’a conduite à la chasse. Elle pose avec sa carabine à pompe.

Ancien salon de coiffure, rue de Casseneuil
Yanis (minimes), Nino et Jayson (cadets) et leur entraineur Sébastien font parti du club local Les Léopards d’Aquitaine. Le rugby à XIII est une particularité du sud de la France. Le club évolue en première division depuis 1934.

Magasin de cyclisme, fermé pour départ en retraite, rue Saint-Étienne
Morgan est maître d’arme. Avec Handisport, il a développé l’escrime sur fauteuil roulant. « Quelque chose d’indéfinissable, fait de philosophie, de discipline et de dépassement de soi, se cache derrière le masque. Historiquement on pratiquait l’épée dans l’arrière salle des auberges et tout le monde y avait accès. De la même façon, j’amène l’escrime dans les quartiers, je propose le sabre aux jeunes de 14 ans qui veulent en découdre. »
Lelia, 13 ans : « La première fois que j’ai fait de l’escrime c’était au centre aéré, j’avais 7ans, on avait fait un jeu, « le chateau », qui consiste à piquer le trésor du camp adverse. On se battait au sabre en plastique pour éliminer les autres. »

Ancienne boucherie réhabilitée en habitation, en face de la Tour de Paris

Ancienne épicerie fine Tutard de 1945 à 1974, rue des Cieutats
On y trouvait des faisans en plumes ou du paon, du Pommard et du Champagne. Une grande surface Mammouth s’est installée en périphérie dans les années 70 et l’épicerie a décliné. Un vidéo club a ouvert, puis le propriétaire actuel de l’immeuble s’est installé comme primeur et a fermé par manque de clientèle.
Christophe est DJ amateur et a créé Les pauz électroniques, un festival de musique. Il collectionne les vinyles. Il gagne sa vie comme technicien de maintenance pour garder toute sa liberté dans la musique.

Bonneterie, rue des Ƀlus
Camille, Ma•na, Marie et Morgane.

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