Revue XXI : PRIX NIÈPCE

14 mai 2009 • La presse en parle | Prix

 

 

STÉPHANIE LACOMBE, LAURÉATE DU PRIX NIEPCE DE LA PHOTOGRAPHIE

C’est l’année de tous les succès pour les auteurs de XXI. Après Anna Miquel, lauréate du prix Louis Hachette pour son enquête sur la mort du journaliste Philippe Dieuleveult, et Sophie Bouillon, récompensée par le prix Albert Londres, Stéphanie Lacombe vient d’emporter le prix Niepce de la photographie pour sa série « Les tables de l’ordinaire », publiée dans le n°4. C’est en lisant XXI que le photographe Luc Choquer a découvert le travail de Stéphanie Lacombe et choisi de la parrainer pour ce prestigieux prix de la photographie.

Toute l’équipe de XXI la félicite pour cette victoire.

« Les tables de l’ordinaire » est un travail personnel de Stéphanie Lacombe. Pendant trois ans, la jeune photographe de 33 ans a arpenté la France pour immortaliser les dîners des Français. Elle a frappé aux portes, s’est heurtée aux refus, s’est liée aussi avec ceux qui l’accueillaient. « La nourriture m’a toujours passionnée, dit-elle. Etudiante, je dînais dans mon lit en regardant la télévision. Un jour, je me suis dit : « Quelle horreur ! » Je me suis alors souvenue des repas de famille. Nous passions les dimanches à table. Tous ensemble. De l’apéro de 11 heures à la fin du déjeuner vers 18 heures, la table était le centre de vie. » Elle commence par interroger un ami sur ses habitudes alimentaires. Celui-ci raconte qu’il mange tous les soirs des tartines de Kiri, debout, près d’un petit poste de radio. Au fond, il n’aime pas manger. Pour lui, les dîners sont un symbole de solitude, d’angoisse et de froideur. Ils le renvoient à son enfance, quand sa mère, qui travaillait la nuit à l’hôpital, lui laissait un plateau repas dans le frigo.

Ce témoignage conforte Stéphanie Lacombe dans son projet. « Les repas nous racontent, dit-elle. Ils sont un rituel banal, quotidien, mais très intime. D’ailleurs, les gens que je rencontrais ne voulaient pas que je les photographie en train de dîner. Ils sortent du boulot, c’est le bordel, ils ont les enfants dans les pattes, souvent pas le temps de faire un vrai repas… Je suis sûre que j’aurais eu moins de difficultés à les photographier sous la douche ! » Stéphanie Lacombe a présenté une seconde série personnelle au jury du prix Niepce : Papillon Rouge, portrait intimiste de cinq femmes pratiquant le sado-masochisme.