Musée Regards de Provence à Marseille

13 décembre 2013 • Exposition | La presse en parle



Unique représentante féminine de l’exposition, Stéphanie Lacombe a été repérée par Uzik, société organisatrice du festival My Provence, avec sa série La Table de l’ordinaire (Prix Niepce en 2009). Il lui a été demandé une recherche sur l’humain plus que sur le bâti architectural. « Chaque artiste participant au projet s’est vu attribuer un secteur géographique et un travail en lien avec un lieu ou un événement de MP 2013. J’ai choisi Martigues et sa région sans y avoir jamais mis les pieds. » Durant ses six mois de résidence, elle a réalisé cinq séries de photos dont trois seulement sont exposées.

La première est celle qui reflète le mieux son travail. Dans le cadre des très controversés Quartiers créatifs, elle nous emmène dans l’intimité familiale des habitants de Notre-Dame des Marins, une cité HLM sur les hauteurs. « Les appartements sont tous en duplex, l’architecte s’étant inspiré de la Cité Radieuse du Corbusier… Mais il se dit que c’est une réplique ratée. Les gens ont joué le jeu, ils étaient d’une extrême sympathie. La particularité de cette série, c’est que toutes les photos sont prises d’un même angle de vue. Seuls changent le décor et les personnes. »
La deuxième montre des clichés de la Côte Bleue qui, pris en mouvement, marouflés sur une vitre, photographiés de nouveau et après avoir subi d’autres traitements secrets (pour ne pas dire trop compliqués à expliquer ici), rendent compte d’une brutalité, d’une force de la nature que Stéphanie a ressentie lorsqu’elle est venue pour la première fois. « J’ai eu la chance exceptionnelle de tomber sur une tempête et j’ai ainsi pu immortaliser cette région sous un aspect que même ses habitants ne connaissent pas. » Bluffant !
Enfin, un exercice imposé (et peu ragoutant) sur le thème de l’usine EDF. L’artiste a dû user de toute son imagination pour proposer autre chose que de simples clichés de site industriel. Le résultat est étonnant. La série est composée de trois tableaux. Sur chacun d’entre eux, un tableau dans le tableau : l’un à la peinture, l’autre en photo et le dernier au canevas. Les usines y ont été rajoutées au pinceau, par Photoshop et… oui, oui, à l’aiguille ! « En sillonnant la région, je me suis rendu compte qu’il était impossible d’échapper à la vue de cette usine. Je l’aie imaginée si précieuse au cœur des Martégaux qu’ils puissent en avoir des tableaux au-dessus de leurs buffets. Je les ai inventés, puis photographiés comme s’ils étaient chez des gens… sauf que c’était chez moi. » Bienvenue chez elle !

Laurent Jaïs